Publics et Sociabilités

Les Publics et les Sociabilités.

Il existe un public de ’fréquentants’, reflet d’une mosaïque de publics… Ces catégories de publics découlent de phénomènes sous-jacents. Leur analyse fait émarger le rôle et la forme de plusieurs sociabilités…

Sociabilité de consommation. La consommation des pratiques (concert, instrument…) dérive de la consommation des services et des produits. Les fréquentants apprécient de se retrouver autour d’une table ou d’un verre pour discuter entre amis. J’ai appelé cette catégorie : ‘public convivial’…

Sociabilité musicale. Les styles de musiques et leurs looks, associés mutuellement, caractérisent cette catégorie. Parallèlement au concert, les fréquentants musiciens se retrouvent aussi grâce aux écoles de musique, aux répétitions ou aux ateliers… Une relation d’influence s’établit entre la pratique de la musique et celle du concert. Voilà le ‘public musicien’…

Sociabilité rituelle. Le concert est un genre hybride entre le spectacle et le rituel (vestimentaire, musical…). L’analogie avec le rituel religieux est flagrante. On parle aussi de looks ‘tribalisants’. Y a-t-il un retour des ‘tribus’ ? On peut penser au rituel de la rave et à ses règles de sociabilité… Le look est représentatif du style de musique, voire du style de vie de certains fréquentants (fans…). Un langage codé apparaît (vêtements, coiffure, préparation de la sortie, attente au concert, danse de l’avant-scène…). Au-delà du langage et de la musique, c’est un nouveau mode de vie imprégné de nouvelles valeurs qui se profile. La séduction est également une facette importante. Ses signes sont de l’ordre du rituel (sacrifice symbolique de l’artiste…). Elle joue sur le sexe, les sentiments et le désir. Au bout du compte, ce sera peut-être l’extase comme dans le cas du ‘bon concert’ rock. Le look est un élément important du rapport de séduction. Voilà un ‘public de fans’, le ‘public séduit’…

Sociabilité de passion. La mélomanie est mise en avant. Les fréquentants vivent pour la musique. Chez les musiciens, l’écoute et la pratique priment. Le concert est un moyen de continuer à vivre sa passion. Tout est bon pour l’assouvir (théorie de la médiation en acte). Le ‘feeling’ caractérise l’échange avec le public. C’est le ‘bon concert’. Les fréquentants ‘habitent’ la musique. Ils se disent prêts à tout lui sacrifier (cas du ‘rock passion’). Voilà un ‘public passion’, le ‘public mélomane’…

Sociabilité citoyenne. Parmi les fréquentants, les musiciens amateurs revendiquent des conditions de pratiques plus favorables (équipements adaptés, information…), des lieux d’expression garantis et des facilités d’accès… Il s’agit également de (faire) découvrir la Culture de l’Autre (ateliers et artistes en résidence). Les fréquentants s’impliquent aussi dans l’organisation d’événements. Ils militent dans des associations (de la radio libre jusqu’à Attac, les alter-mondialistes, en passant par leurs propres groupes) et se soutiennent mutuellement. Ils se positionnent souvent comme des pairs et soutiennent les plus jeunes, leurs amis et leur famille en assistant à leurs concerts et en leur donnant des conseils… Voilà le ‘public acteur’…

Il existe sûrement d’autres types de sociabilités avec de multiples facettes. Les fusions sont probablement nombreuses…

Voilà l’émergence d’un réseau de sociabilité en continuelle évolution, une sorte de rhizome…

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